Stratégie des haltères : une bonne façon de construire son portefeuille

Temps de lecture estimé : 4 minutes

Chère lectrice, cher lecteur,

Les investisseurs doivent apprendre à doser le risque dans leur portefeuille selon plusieurs critères :

  • Le degré d’attention qu’ils veulent accorder à leur portefeuille
  • Leur propre tolérance au risque
  • La nature précise de leurs objectifs financiers (transmettre de la valeur dans le temps, conserver le patrimoine familial, faire croître leur fortune, miser sur certaines tendances, toucher passivement du dividende, faire juste mieux que le livret A…)
  • Leur âge et la somme qu’ils ont à disposition
  • L’horizon d’investissement visé (dans combien de temps espèrent-ils encaisser des gains)

Ainsi, il n’y a pas une stratégie unique, qui marche pour tout le monde.

La Bourse ne se divise pas entre « gagnants » et « perdants » – du moins ça n’est pas aussi simple. Il y a ceux qui jouent les gros coups, ceux qui misent sur la régularité, ceux qui ont déjà beaucoup d’argent et qui veulent en tirer une rente…

Autant de profils pour lesquels on n’appliquera pas la même stratégie d’investissement.

La semaine dernière, je vous ai parlé d’une stratégie appelée DCA, qui consiste à investir régulièrement la même somme sur la ou les mêmes actions, de sorte à lisser votre prix d’achat vers le bas (puisqu’avec la même somme, plus les prix sont bas plus vous pouvez acheter d’actions).

Aujourd’hui, je vous présente une autre approche d’investissement qu’on appelle la stratégie des haltères.

Les deux extrêmes plutôt que la voie médiane

Voici la photo d’un haltère :

Le poids y est disposé aux extrémités, ce qui confère sa stabilité à l’ensemble.

C’est exactement la même chose pour notre stratégie boursière : on répartit ses investissements aux extrémités :

  • D’un côté, des actions ultra-solides, de préférence qui versent des dividendes
  • De l’autre, des actions ultra-spéculatives, avec un potentiel de gain spectaculaire – mais beaucoup plus de risques

C’est une stratégie tout en contrastes, qui trouve son équilibre dans la radicalité.

En clair : plutôt que de miser sur des entreprises au profil équilibré, d’une stabilité correcte avec un bon potentiel de croissance, vous devez diviser vos investissements en deux camps.

D’un côté, les paris sur lesquels vous acceptez de tout risquer, parce qu’en retour vous pouvez faire x2, x5, x10… et encaisser des tombereaux de cash.

De l’autre, les sociétés « coffre-fort ». Celles qui sont tellement solides, bien gérées, dominantes, que même si le PDG devenait soudain complètement fou, elles ne risqueraient pas grand-chose – cet exemple n’est pas anodin, c’est Warren Buffett qui le cite lui-même, comme un critère essentiel pour jauger la solidité d’une entreprise.

La fin du « risque systémique »

Si toutes vos entreprises ont le même profil, un profil qu’on pourrait dire « moyen », alors vous encourez deux risques :

  • En cas de crise, elles vont toutes se faire balayer
  • En période de croissance, elles vont toutes grimper un peu

Dans de nombreux domaines, c’est le juste milieu qu’il faut viser. Afin de ne pas sombrer dans le dogmatisme, ni de passer à côté d’expériences ou d’opportunités…

C’est ainsi qu’on apprécie ceux qui « mangent un peu de tout », ceux qui « écoutent de tout », car c’est une marque d’équilibre et de curiosité.

Mais les gens qui mangent un peu de tout, quand on y regarde de près… ils ne mangent pas que des aliments avec un nutriscore B ou C, qui ne sont « pas les pires » pour la santé.

En général, ils mangent des aliments non-transformés, beaucoup de fruits et légumes, et s’autorisent parfois une virée chez McDo. C’est là encore un équilibre qui émerge de radicalités contraires.

Ainsi, avec des actions volatiles, vous pouvez espérer de gros gains sans avoir peur de tout perdre… car si elles plongent, vous avez en face des actions solides qui résistent aux crises, voire qui en profitent.

Je vous donne un exemple : depuis le début de l’année, l’action Coca-Cola a pris +7%. Malgré sa taille, et surtout malgré la crise, la guerre, l’inflation…

Coca-Cola est une de ces sociétés coffre-fort qui compense largement les risques qu’on peut prendre sur des secteurs plus volatils et de petites capitalisations.

Mais bien sûr, une bonne stratégie des haltères n’implique pas nécessairement de mettre la même somme sur des valeurs sûres et sur des paris risqués.

En ce qui me concerne, j’ai environ 75% de mon portefeuille sur des sociétés dites « sûres », et 25% sur des paris ultra-spéculatifs – et c’est une proportion élevée de paris, parce que je suis joueur…

Vous pouvez tout à fait ne mettre que 10 à 15% de votre portefeuille sur des paris. C’est avant tout une question de tolérance au risque, c’est-à-dire un sujet personnel.

Se hedger, une précaution cruciale

La stratégie des haltères est utilisée non seulement par des particuliers, mais aussi par des fonds y compris le gigantesque BlackRock. D’un côté, des ETF qui sont supposés ne faire courir presque aucun risque… et de l’autre, des investissements dits « alternatifs ».

Au final, combiner le très risqué avec le très sûr, c’est une sécurité qu’il faut doubler d’une combinaison sectorielle.

C’est exactement pour cette raison que j’ai investi tôt sur les matières premières alors que mon sujet de prédilection reste la technologie. C’est ça, se hedger : miser sur l’hypothèse inverse à celle qu’on a privilégié, juste au cas où.

A priori, on pourrait se dire que miser sur deux secteurs qui évoluent à rebours l’un de l’autre, c’est condamner son portefeuille à un jeu à somme nulle… mais c’est exactement l’erreur d’analyse à éviter.

Car vous n’êtes pas en train de parier sur la victoire des deux équipes en même temps, dans le même match…

Et c’est pour cette raison que vous devez savoir prendre vos profits, sauter du train au bon moment. Car il y a des périodes où la tech surnage, d’autres où ce sont les matières premières qui grimpent. Notre rôle consiste surtout à investir au bon moment, et à sortir à temps… C’est aussi important que de savoir sur quelles entreprises miser.

Amicalement,

Marc Schneider

PS : une entreprise extraordinaire, sur laquelle on espère un x4 d’ici 18 à 36 mois, ça vous intéresse ? Tous les détails ici

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Brunet Pierre
Brunet Pierre
1 mois il y a

oui en effet sur quelles entreprises miser ?En fait ce n’est pas évident si je dois tenir compte de votre approche aventureuse du marché boursier.