Petit point stratégique

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Chère lectrice, cher lecteur,

En ce moment sur les marchés, la volatilité est à son comble.

En moins d’un mois, le pétrole a explosé avant de retomber. Depuis quelques jours, les cryptos remontent. Les grands indices retrouvent des couleurs. L’or redescend.

Pas facile d’y voir clair.

En fait, nous avons basculé, tant dans le traitement médiatique que dans nos comportements individuels, à l’ère du narratif unique.

Je m’explique : les actualités sont tellement énormes en ce moment qu’on les traite une par une.

D’abord il y a eu la pandémie – qui a fait s’écrouler les marchés.

Ensuite il y a eu le rebond, quand on s’est aperçus que la maladie n’allait pas forcément décimer le genre humain. Le rebond s’est poursuivi et les secteurs de croissance ont exagérément grossi.

Puis il y a eu l’élection de Joe Biden, et des questions autour de la politique monétaire. Quelques remous. Puis la Tech est repartie de plus belle.

Fin 2021, entre l’inflation, la hausse des taux d’intérêt, les tensions entre Chine et Taïwan ET entre Ukraine et Russie… les marchés ont commencé à pointer du nez, puis carrément tomber début 2022.

Après ça bien sûr, il y a eu la guerre.

La guerre qui a accéléré la croissance des matières premières, de toute façon inévitable car motivée par une tendance de fond… et qui a encore porté un sérieux coup aux valeurs de croissance.

Puis, depuis quelques jours, comme les négociations semblent avancer entre Ukrainiens et Russes, le marché retrouve des couleurs – comme si la paix était déjà là.

C’est ça, le narratif unique : syndrome de l’impatience extrême qui caractérise notre époque, c’est la dernière information importante qui imprime sa marque sur les marchés.

Les réactions des investisseurs sont largement exagérées, comme si tout ce qui s’était passé avant ne comptait soudain plus… et dans ce contexte, pas facile de discerner le vrai du faux, ni l’essentiel de l’accessoire.

C’est précisément l’objet de mon message d’aujourd’hui.

Marc, bull ou bear ?

Depuis que je parle de matières premières, je reçois beaucoup de questions :

  • « Doit-on arrêter d’acheter des valeurs technologiques ? »
  • « Vous êtes bull ou bear ? je peine à suivre votre stratégie ? »
  • « Que faites-vous de toutes les actions tech qui sont tombées : on les vend ? »

De deux choses l’une : d’abord, gardez bien à l’esprit que je ne suis pas conseiller financier.

Mon métier, c’est de partager des vues sur la Bourse, de parler d’actualité économique et de porter à votre connaissance des stratégies d’investissement.

Après, vous faites ce que vous voulez…

Ensuite, j’ai bien conscience que traditionnellement, on oppose deux types d’investisseurs, ceux qui croient que ça va monter (bulls) et ceux qui parient sur la baisse (bears).

D’un côté, le « tech enthusiast » qui cherche les pépites de demain, biotechs, véhicules du futur, cryptomonnnaies… avec le potentiel de faire « x1000 ».

De l’autre, le « survivaliste économique », qui achète de l’or, du pétrole et des devises étrangères, « au cas où ça pèterait ». On l’imagine volontiers attendant la fin du monde avec un fusil à pompe et une gourde…

Et effectivement, le marché est la confrontation entre des opinions acheteuses et des opinions vendeuses. Mais vous n’avez pas besoin de choisir un camp définitif, dans lequel vous vous investissez à 100% : comme souvent, l’équilibre est au milieu.

Ni bull ni bear : anaconda

Je sais que c’est difficile à suivre : une semaine, je parle de la révolution 3D industrielle. La semaine suivante, j’alerte sur l’imminence d’une hausse de l’uranium.

Il faut vous faire à cette idée : je ne suis ni un bull, ni un bear. Ma seule doctrine, c’est l’observation du réel.

Si je dois me prêter au jeu de l’animal-totem, rappelez-vous d’une de mes toutes premières lettres : Investissez comme un anaconda.

L’anaconda est un prédateur froid. Il ne disperse pas son énergie à traquer de petits animaux : il se concentre sur les grosses proies, qui vont le rassasier longtemps. Il économise ses efforts pour les placer là où c’est important.

C’est ça, ma stratégie. Les 3 règles pour investir comme un anaconda sont :

  • Conservez une taille de portefeuille raisonnable (30 valeurs max), pour pouvoir suivre chacune d’entre elles.
  • Investissez sur des Big Ideas, c’est-à-dire des idées et des tendances de fond, qui se réaliseront sur le moyen-long terme.
  • Gardez toujours un peu de cash disponible, juste au cas où.

L’anaconda est froid, il est opportuniste, et il se moque de savoir si on le classe dans les « bulls » ou dans les « bears ». Il n’est pas là pour faire partie d’un club dont tous les membres se persuadent mutuellement qu’ils ont raison : il est là pour gagner.

Les 2 « Big Ideas » du moment

Si je fais ce point stratégique avec vous, c’est qu’il me semble important de vous communiquer la vision d’Argo, à intervalles réguliers.

Ces derniers temps, la volatilité et les narratifs uniques nous font perdre de vue l’essentiel.

Pourtant, il y a deux grandes idées qui sous-tendent absolument TOUTES mes décisions d’investissement – et tout ce dont je vous parle ici :

Oui, la convergence technologique est plutôt un sujet bullish, et le supercycle un sujet bearish.

Mais nous ne vivons pas dans un monde où il est incompatible que de nouvelles technologies se développent et se renforcent mutuellement, et qu’en même temps, une série d’événements économiques fasse grimper les prix des matières premières.

En clair : il ne faut pas être dogmatique.

Logiciel vs Matériel

Quand la situation économique et politique mondiale est (à peu près) stable, les sociétés les plus solides à l’avant-garde technologique croissent bien.

De gros flux de capitaux viennent les nourrir et permettent la concrétisation de leurs projets.

Quand la situation économique et politique mondiale se détériore, comme c’est le cas maintenant, l’avenir est incertain.

Les capitaux vont donc, naturellement, plus volontiers vers des sociétés qui détiennent des actifs tangibles et impliqués dans un grand nombre de secteurs. C’est le cas bien évidemment des matières premières.

Ainsi, comme ni vous ni moi ne détenons de boule de cristal, il est en fait plutôt sain d’avoir de quoi se hedger peu importe la situation.

D’autant que le fait d’avoir d’un côté des actions pétrolières, de l’autre, des actions IA, ne veut pas dire que votre portefeuille restera à l’équilibre dans un jeu de vases communicants.

Tout l’argent du pétrole ne va pas vers l’IA et inversement selon la conjoncture : il y a des moments pour acheter, des entreprises à privilégier au sein d’un secteur, des dividendes à encaisser… vous n’êtes pas en train de jouer le court-terme. Vous ne devez pas sauter de position en position comme une puce qui jouerait à saute-mouton.

En fait, pour investir avec justesse, mieux vaut s’inspirer des meilleurs financiers au monde.

La stratégie de Warren Buffett

Vous connaissez peut-être la société Berkshire Hathaway, dirigée par Warren Buffett et son associé Charlie Munger.

La société existe depuis 1965, et 10 000 dollars investis chez eux à l’époque vaudraient désormais plus de 350 millions de dollars.

Même en période de crise, Berkshire Hathaway tire son épingle du jeu. Et quand on interroge Buffett sur les ressorts de sa stratégie, voici les points qu’il cite, toujours les mêmes :

  • Investissez dans des sociétés dont vous comprenez l’utilité
  • Investissez dans des sociétés qui ont un ou plusieurs avantages concurrentiels durables
  • Investissez dans des sociétés dirigées par une équipe compétente et éthique
  • Investissez dans des sociétés qui se vendent à un prix raisonnable.

Qu’il s’agisse de Tech ou de matières premières, nous ne faisons rien d’autre.

En bref

  • Ne vous laissez pas illusionner par l’emballement médiatique et cette lubie du narratif unique
  • Vous n’avez pas à choisir un camp entre « bulls » et « bears », les marchés ne sont pas un terrain pour l’idéologie
  • Pensez anaconda : peu de positions, miser sur la big idea, garder du cash disponible
  • Le fait que la Tech se développe n’exclut pas que nous vivons un supercycle des matières premières, et inversement
  • Respectez les 4 principes de Warren Buffett

Vous cherchez une opportunité d’investissement qui coche toutes les cases ? Voici les 3 fondations de mon portefeuille.

Amicalement,

Marc Schneider

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