Faut-il anticiper la fin d’un cycle ?

Chère lectrice, cher lecteur,

Il existe un proverbe, en bourse, qui est aussi sage qu’il semble idiot.

« Faites plus de ce qui marche, et moins de ce qui ne marche pas ».

Sans blague…

C’est le genre de proverbe qui donne l’air bête quand on le dit.

Et pourtant, c’est fondamental.

La plupart des investisseurs amateurs l’oublient régulièrement.

Quand un secteur a bien cru, il leur arrive de vendre leurs actions de ce secteur, ou d’arrêter d’y investir… car ils estiment que le boom est bientôt terminé.

Comme ça, sans raison.

Ça pourrait ressembler à de la tempérance… mais c’est en fait une réaction totalement irrationnelle induite par une aversion à la perte mal maîtrisée.

Ou pour le dire autrement : c’est dans leur tête, que le boom est terminé !

Et le pire, c’est qu’on observe souvent la même mécanique délétère juste après : l’argent qui n’est plus investi dans ce secteur en croissance, certains l’utilisent pour des paris beaucoup plus hasardeux, dans des secteurs moins dynamiques.

Comme si, par enchantement, ce serait bientôt « à leur tour » de croître…

D’autres remettent leur argent à la banque en se félicitant du « joli coup en bourse » qu’ils ont fait. Et l’inflation recommence à les grignoter…

Ce que je veux dire, c’est qu’un « boom », c’est-à-dire une phase de croissance, ne s’achève pas comme on mourrait de vieillesse.

Et surtout, que vous en pouvez pas timer le marché !

L’Histoire nous apprend à ne pas nous éjecter trop vite

Aujourd’hui, il y a une phase de croissance remarquable sur les valeurs de l’énergie et des matières premières que beaucoup d’investisseurs sont tentés de quitter sans raison valable.

Mais c’est un mauvais calcul.

En 1998, le marché tech était en hausse de 110% sur 2 ans.

Il y avait de quoi vouloir vendre… Et beaucoup d’investisseurs voulaient sortir car « ça ne peut pas durer ».

Ils craignaient l’éclatement d’une bulle. Dans les faits, ils ont eu raison… 2 ans trop tôt.

Mais s’ils avaient attendu mars 2000 pour vendre, ils auraient pris 130% en plus.

Alors oui, ils auraient pu se vanter « d’avoir senti le vent tourner »… mais plus vous attendez, et plus la probabilité que n’importe quel événement survienne se rapproche de 1.

En clair : avoir raison 2 ans trop tôt ne fait pas de vous un « oracle ».

Sans compter qu’avec une prise de gains graduelle et régulière comme je le conseille toujours, il est beaucoup plus rentable de rester dans la vague plutôt que de s’éjecter trop tôt pour avoir l’air plus intelligent.

Imaginez un pilote de chasse qui s’éjecte en plein milieu de son vol parce que « on ne sait jamais, j’aurais pu me crasher ! »… vous avez compris.

Le même scénario a eu lieu après la crise de 2008.

Le point bas a été fait en mars 2009, puis le marché est reparti à la hausse.

5 ans plus tard, le S&P 500 avait gagné 200% par rapport à son niveau le plus bas.

Les investisseurs ont eu peur que ce soit terminé, d’autant que les prix du pétrole qui se sont écroulés n’ont rassuré personne. Et pourtant, les actions américaines ont continué à grimper…

Si vous aviez tout vendu en 2014, vous auriez laissé sur la table des gains à trois chiffres.

La période faste a duré cinq ans de plus, jusqu’en 2019. Et le marché s’est encore permis de faire +100%.

En d’autres termes, les actions américaines fonctionnaient au-delà du sentiment qu’on pouvait avoir à leur endroit.

Pour engranger des gains maximums, il fallait les conserver plus longtemps qu’on ne le souhaitait.

Moralité : il faut lutter contre soi

Cela nous amène à une vérité importante sur les marchés…

Pendant les phases de hausse, les prix peuvent atteindre des sommets incroyables.

Ils arrivent à des niveaux plus élevés que ce que l’on croit possible.

Et c’est au moment où l’on sent qu’il faut vendre que démarre le combat contre soi.

Car à ce moment-là, notre aversion à la perte surpondère la probabilité d’une baisse… et la plupart du temps, quand on sent qu’il faut vendre, les prix ont généralement encore beaucoup de chemin à parcourir.

En fait, le combat contre vous-même commence même avant : si vous prenez régulièrement vos gains, vous n’aurez pas l’impression d’être un imposteur qui doit s’éjecter avant d’être pris la main dans le sac !

Je vous dis ça car comme énoncé plus tôt, le secteur de l’énergie est en plein boom depuis 2 ans, et les récentes secousses font craindre une dégringolade – alors que rien ne sous-tend cette thèse.

Sur cette période, certains ETF comme le Energy Select Sector SPDR Fund (XLE) ont pratiquement triplé (+200%) depuis la fin de 2020 jusqu’à son sommet en début d’année…

Et beaucoup d’investisseurs estiment (au doigt mouillé) que la fête est finie.

C’est normal d’avoir cette impression. Mais dans un boom énergétique, les prix peuvent aller beaucoup plus haut… C’est là tout le sens de l’expression « Supercycle », d’ailleurs.

Au milieu des années 2000, les prix du pétrole ont grimpé en flèche pendant environ 6 ans… et les actions énergétiques ont suivi le mouvement.

Elles ont bondi d’environ 350% sur cette période.  

Ce que je veux vous dire, c’est que les booms énergétiques peuvent durer plus longtemps et monter bien plus haut qu’on ne l’imagine.

Donc plus qu’aucun autre marché, le marché de l’énergie ne doit pas vous tromper avec cette impression qu’il faut s’éjecter vite !

Beaucoup d’investisseurs amateurs pensent que ce boom vit ses derniers instants… mais il n’y a pas de raison valable pour soutenir cette affirmation.

En conclusion : accompagnez le mouvement, sortez si les fondamentaux changent, prenez vos gains régulièrement.

Mais la stratégie du doigt mouillé… généralement, ça foire.

Amicalement,

Marc Schneider

PS : en ce moment, ma stratégie d’investissement se base sur 2 piliers : d’un côté, le Portefeuille Forteresse qui surfe justement sur ce boom de l’énergie.

De l’autre… Une macrotendance extraordinaire dont je vous parle en fin de semaine. Regardez bien vos mails !

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Olivier
Olivier
6 jours il y a

Ce que vous dites est exact mais lorsque l’on regarde dans le rétroviseur tout paraît limpide. Dans la réalité c’est beaucoup plus compliqué et la réalité c’est que l’on ne sait jamais comment un marché et encore plus une action va se comporter. Il faut l’admettre l’évolution de la bourse est totalement aléatoire et son futur reste une inconnue, un pari, une spéculation. En bourse la vérité n’est criante que lorsque l’événement est survenu.

benoit
benoit
6 jours il y a

merci pour cette information pertinente