Bitcoin et la guerre en Ukraine

Les cryptomonnaies au chevet de l’Ukraine

Chère lectrice, cher lecteur,

Souvent, ce sont les crises qui accélèrent l’adoption des nouvelles technologies.

Aujourd’hui, c’est la guerre en Ukraine qui nous montre à quel point Bitcoin est utile.

Dans les médias mainstream, les pseudo-experts insistent sur la baisse des cryptomonnaies… qui depuis, connaissent une belle remontée.

Mais l’essentiel n’est pas là.

Ce qui est vraiment nouveau, c’est que Bitcoin a rendu de fiers services aux civils ukrainiens et au gouvernement.

En fait, l’écosystème crypto a commencé à remplir son rôle de système financier alternatif – et démontre sa supériorité sur le système traditionnel.

Leur banque centrale bloque leur argent, les Ukrainiens passent au Bitcoin

Quand l’armée russe est entrée en Ukraine, la Banque Centrale Ukrainienne a restreint ses services bancaires.

L’enjeu ? Limiter l’instabilité et juguler les mouvements de panique.

En clair : éviter que tous les Ukrainiens sortent leur argent des banques et/ou le convertissent en dollars.

Ainsi, chaque citoyen peut retirer l’équivalent de 300€/jour maximum en hryvnia, la devise ukrainienne.

Si vous pensiez encore que même stocké à la banque, vous restez libre de gérer « votre » argent… vous avez la réponse.

Or, vous vous doutez qu’en temps de guerre, on préfère avoir tout son cash disponible au cas où…

D’autant que leur capital immobilisé en hryvnia, ce n’est pas une très bonne chose : la devise ukrainienne perd de sa valeur depuis le début du conflit.

Pour résumer : les Ukrainiens voient leur capital bloqué dans les banques fondre peu à peu…

C’est pourquoi un certain nombre d’entre eux ont décidé de basculer sur l’écosystème crypto juste avant la guerre… car hasard (ou pas) du calendrier, l’Ukraine a légalisé les cryptomonnaies le 18 février dernier.

On peut voir sur Twitter de nombreux témoignages comme celui-ci :

Traduction : Mes cartes de crédit ukrainiennes ne fonctionnent plus. Je suis sain et sauf au Kazakhstan, mais toutes mes économies ont disparu. La crypto est tout ce qu’il me reste, et aujourd’hui je peux dire sans exagération que Bitcoin, Ethereum et les NFT vont me permettre de vivre d’ici à ce que je rentre chez moi.

Ou encore celui-là :

Traduction : Histoire de dingue, mon webmaster a fui l’Ukraine deux heures avant que le gouvernement n’interdise aux hommes en âge de combattre de quitter le territoire. Les distributeurs étaient bien sûr hors-service, mais sur mon conseil il avait converti tout son argent en Bitcoin, et stocké ces bitcoins sur un hardware wallet (clé physique). Il est passé en Pologne et a pu retirer tout son argent.

Bitcoin a sauvé la vie de ce jeune homme : s’il avait voulu retirer du cash, il aurait perdu du temps à la frontière et n’aurait sans doute pas pu quitter le pays. On l’aurait envoyé à la guerre.

Dans le même genre, 2 journalistes danois ont dépensé 0,059 bitcoins (2040€) pour s’offrir une voiture et couvrir le conflit ukrainien sans être coincés nulle part.

Imaginez : sans les cryptos, il n’y aurait plus aucune transaction (ou presque) en Ukraine… Les citoyens seraient condamnés à voir leur argent perdre de sa valeur.

C’est au plus fort de cette crise que la crypto révèle son potentiel au monde : c’est un système d’échange autonome et décentralisé qu’aucune banque centrale ne peut « geler » sur commande…

D’ailleurs, il n’y a pas que les citoyens qui en profitent…

Les cryptos au chevet de l’Ukraine

Toujours sur Twitter, le vice-président ukrainien Fedorov a appelé à la solidarité internationale en partageant des adresse BitcoinEthereum et Tether sur lesquelles le gouvernement ukrainien souhaitait recevoir des dons :

Pourquoi les cryptomonnaies plutôt qu’une monnaie traditionnelle ?

Sans doute car les cryptomonnaies sont dépourvues de charge politique et ne traduisent pas l’allégeance de l’Ukraine à un « camp » – même si tout l’Occident la soutient – mais aussi parce que les transferts de fonds quasi-instantanés permis par la crypto sont bien utiles en temps de guerre.

Au moment où j’écris ce message, l’Ukraine a déjà reçu pour plus de 11 millions de dollars de dons en cryptomonnaies… et de nombreux dirigeants de l’écosystème crypto se sont montrés généreux, à l’image de Gavin Wood (co-fondateur d’Ethereum, fondateur de Polkadot) :

Traduction : Si vous me donnez votre adresse Polkadot, je vous enverrai 5 millions de dollars.

Réponse officielle de l’Ukraine, dans la foulée :

Traduction : Le peuple ukrainien est reconnaissant envers la communauté crypto pour son soutien et ses dons, tandis que nous combattons pour notre liberté. Nous acceptons désormais les dons en Polkadot, voici notre adresse [ADRESSE POLKADOT]. Nous accepterons bientôt d’autres cryptomonnaies.

Ces derniers jours, le patron de la plateforme FTX a annoncé offrir 25$ en cryptomonnaies à chaque Ukrainien qui ouvrirait gratuitement un compte chez lui, tandis que le fondateur de Binance Changpeng Zhao a envoyé 10 millions de dollars aux ONG ukrainiennes.

Tous ces exemples indiquent qu’il se passe quelque chose.

Bien sûr, la cryptosphère se paie un magnifique coup de pub… et tout solidaires avec l’Ukraine soient-ils, ces dirigeants d’entreprises du secteur crypto savent bien ce qu’ils font : ils contribuent à normaliser la cryptomonnaie, à prouver son utilité et à gagner le cœur de plusieurs millions (milliards ?) de potentiels futurs utilisateurs.

Mais au fond, l’essentiel n’est-il pas, justement, que ces dons soient utiles ?

Car avec la paralysie du système bancaire traditionnel, ce fameux coup de pub que s’offre la crypto est largement mérité

Mais bien sûr, l’utilité des cryptomonnaies ne s’arrête pas aux frontières ukrainiennes

Bitcoin, une planche de salut pour les Russes ?

Depuis le début de la guerre, les sanctions économiques et financières contre la Russie sont tombées en cascade.

Gel des avoirs, arrêt des importations, retrait du système SWIFT… Même la Suisse est sortie de sa neutralité pour imposer des sanctions à Moscou.

Ainsi, l’économie russe est exsangue, et sa monnaie nationale, le rouble, a perdu plus de 30% de sa valeur.

La situation est tellement critique que le ministre des finances russe a annoncé que les entreprises russes devront vendre 80% de leurs avoirs financiers en devises étrangères, les convertir en roubles pour supporter le cours de la monnaie nationale… de quoi, bien entendu, faire peur aux capitaines d’industrie.

Dans ce contexte et quoi qu’on pense du conflit, des millions de Russes innocents sont eux aussi en train de perdre leur argent.

Dans le même temps, la capitalisation de Bitcoin a dépassé celle du rouble russe… et la première cryptomonnaie fait office de bouée de sauvetage pour une Russie acculée sur le plan économique.

Cela ne vous surprendra donc pas d’apprendre que les achats de BTC en rouble ont explosé ces derniers jours :

Bien sûr, cette porte de sortie offerte par Bitcoin aux Russes – civils comme officiels – ne fait pas plaisir aux leaders du monde occidental, à commencer par la très anti-crypto Christine Lagarde, qui y voit une occasion de remettre sur le tapis son projet de règlementation drastique des cryptomonnaies, la loi MiCA :

« Chaque fois qu’il y a une interdiction ou un mécanisme en place pour boycotter ou interdire, il y a toujours des moyens criminels qui vont essayer de contourner l’interdiction ou le bannissement (…)

Il est donc d’une importance cruciale que [la Loi] MiCA soit poussée aussi rapidement que possible, afin que nous ayons un cadre réglementaire dans lequel les crypto-actifs peuvent effectivement être capturés. » – Christine Lagarde, 25/02/22

Ainsi, la cryptomonnaie se retrouve sous le feu des projecteurs dans des circonstances dramatiques…

… Et alors qu’elle montre au monde toute son utilité en temps de guerre, certains tenants du « vieux monde » croient encore qu’il est possible d’endiguer le phénomène, ou de lui mettre une muselière pour éviter qu’il ne dévore le système financier traditionnel… Mais si vous voulez mon avis, c’est plus un aveu d’impuissance qu’autre chose.

Amicalement,

Marc Schneider

PS : À propos de l’adoption massive des cryptomonnaies et de sa victoire sur le système financier traditionnel, avez-vous lu mon rapport spécial sur la Fin des banques ?

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beatrice
beatrice
2 mois il y a

comment faire pour acheter du bitcoin sans se faire arnaquer? mon mari est très méfiant sur cette monnaie, quels sont les sites les plus recommandables?

Cédric
Cédric
2 mois il y a
Répondre à  beatrice

Personnellement j’ai ouvert un compte chez Binance pour trader les cryptos comme le BTC, L’ETH et autres.

raidelet
raidelet
2 mois il y a

bonjour dans l abonnement souscrit hirer vous indiquez 5 actions innovatrices a acheter pour l avenir mais en voulant me les procurer il s agit en fait de warrant .j avoue ne pas savoir ce que c est et comment ca se negocie …merci de vos precisio s bien cordialement

Marc Schneider
Éditeur
Marc Schneider
2 mois il y a
Répondre à  raidelet

Bonjour Raidelet, merci pour votre message. Je vous invite à écrire à service-client@contact.argo-editions.com, car il doit s’agir d’une erreur : il ne s’agit pas de warrants, nous ne recommandons aucun warrant pour le moment – nos conseillers client devraient vous aider à régler ça.

Amicalement,

Marc Schneider

PVN
PVN
2 mois il y a

Voilà un article clair et particulièrement intéressant. Je crois en effet que la crypto n’a pas fini de secouer le monde de la finance, n’en déplaise à Christine Lagarde.
Dommage que le négoce de la crypte est jusqu’à ce jour encore problématique. J’ose croire que cela changera d’ici peu de temps.

spitz
spitz
2 mois il y a

Bonjour,

je trouve votre lettre du jour sur Warren Buffett assez « étrange » pour le moins.

Alors que 1 million d’ukrainiens ont fui leur pays en une semaine, que les autres meurent sous les bombes, que des enfants sont laissés à la frontière par leurs mères pour retourner au combat, la bonne nouvelle serait donc qu’il y a de bonnes affaires à faire du côté des investissements?

Ce n’est pas ma vison du monde, ni de la solidarité…
Je suis déçu et profondément choqué par votre démarche.

J’espère sincèrement que vous retrouverez un peu d’humanité et de décence dans vos prochains envois.